Israel Institute of Biblical Studies

Cet article suppose que vous croyez déjà en Yeshua (Jésus), autrement dit que vous êtes chrétien ou juif messianique. Si vous ne croyez pas encore en Jésus, vous trouverez à la fin, dans les « Lectures complémentaires », des articles qui vous seront peut-être plus utiles.


Vous pensez peut-être que l’idée de devenir catholique est la plus absurde que vous ayez jamais entendue.

Vous pensez peut-être que la Bible seule suffit pour connaître la volonté de Dieu dans votre vie.

Vous pensez peut-être que Dieu ne s’intéresse ni à la « religion » ni aux institutions, mais désire simplement avoir une relation personnelle avec vous.

Vous pensez peut-être que la seule chose réellement nécessaire pour être sauvé est de recevoir Jésus dans votre cœur comme Seigneur et Sauveur.

Vous êtes peut-être juif et pensez que devenir catholique reviendrait à trahir votre foi et votre héritage juifs.

Vous avez peut-être même des opinions anticatholiques et pensez que le catholicisme est une corruption païenne de la foi biblique pure.

Pourtant, vous sentez peut-être qu’il « manque quelque chose » à votre foi.

Vous sentez peut-être que Dieu a « quelque chose de plus » pour vous, sans avoir encore découvert de quoi il s’agit.

La basilique Saint-Pierre de nuit À travers l’histoire, du premier au vingt et unième siècle, du monde méditerranéen antique à l’Amérique moderne, d’innombrables personnes ont pensé comme vous : un peu curieuses à l’égard de l’Église catholique, indifférentes, méfiantes ou même ouvertement hostiles… jusqu’au jour où elles ont décidé d’examiner sérieusement ce qu’elle affirme. Bien souvent, une recherche entreprise par curiosité ou même par hostilité envers l’Église s’est achevée en une merveilleuse histoire d’amour : celle d’un Dieu qui nous aime si passionnément qu’il a offert son Fils unique pour qu’il meure pour nous et que nous ayons la vie éternelle, et qui a constitué sa famille humaine, l’Église catholique (universelle), pour partager sa propre vie divine avec ses enfants, tout particulièrement dans le sacrement de l’Eucharistie.

Dans cet article, ainsi que dans les autres ressources proposées sur ce site, vous pourrez découvrir que :

  • Dieu n’a jamais dit que la Bible seule suffisait pour connaître sa volonté. Au contraire, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, il a établi une institution visible et hiérarchique, revêtue de sa propre autorité divine, pour nous guider sur le chemin du salut.
  • Dieu s’intéresse réellement à la « religion » aujourd’hui, tout comme il s’y intéressait lorsqu’il a établi le culte du Tabernacle et du Temple dans l’ancien Israël. Une relation personnelle authentique, honnête, humble et éclairée avec le Père, par le Fils et dans le Saint-Esprit, devrait logiquement vous conduire, à terme, à rechercher la pleine communion avec son Corps, l’Église catholique.
  • « Recevoir Jésus comme Seigneur et Sauveur » par la foi seule ne suffit pas pour être sauvé ; Jésus nous communique sa grâce, sa puissance et sa vie principalement par l’Église, ses enseignements, sa liturgie, ses sacrements et la communion des saints.
  • La foi catholique est l’accomplissement parfait et complet du judaïsme, sans pour autant abolir l’appel particulier du peuple d’Israël ni la vocation propre des Juifs qui entrent dans l’Église. Comme l’a dit Rosalind Moss, qui est juive et catholique : « Vous ne pouvez pas être plus juif qu’en étant catholique ! »
  • La foi catholique est la forme la plus biblique du christianisme, tandis que les autres confessions ont généralement compromis des dons importants que Jésus nous a faits.

Que signifie être « catholique » ?

Peut-être vous considérez-vous, comme beaucoup d’autres chrétiens, comme « catholique » au sens universel du mot : membre de la communauté invisible des disciples du Christ, sans pour autant être membre de l’Église catholique romaine.

En un sens, il est vrai que si vous croyez en Jésus et avez reçu le baptême, vous êtes déjà membre du Corps du Christ. Le Saint-Esprit peut certainement agir à travers vous et votre communauté pour faire progresser l’œuvre de l’Évangile. Comme l’enseigne l’Église :

Ceux qui sont justifiés par la foi reçue au Baptême, incorporés au Christ, portent à juste titre le nom de chrétiens, et les fils de l’Église catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur. (CEC 818)

Au surplus, « beaucoup d’éléments de sanctification et de vérité » existent en dehors des limites visibles de l’Église catholique : « la parole de Dieu écrite, la vie de la grâce, la foi, l’espérance et la charité, d’autres dons intérieurs du Saint-Esprit et d’autres éléments visibles ». L’Esprit du Christ se sert de ces Églises et communautés ecclésiales comme moyens de salut dont la force vient de la plénitude de grâce et de vérité que le Christ a confié à l’Église catholique. Tous ces biens proviennent du Christ et conduisent à lui et appellent par eux-mêmes « l’unité catholique ». (CEC 819)

Cependant, l’unique Église fondée par le Christ est bien l’Église catholique, unie et gouvernée par le successeur de Pierre, le pape. En elle seule se trouve « la plénitude des moyens de salut » :

La basilique Saint-Pierre

L’unique Église du Christ […] est celle que notre Sauveur, après sa Résurrection, remit à Pierre pour qu’il en soit le pasteur, qu’il lui confia, à lui et aux autres apôtres, pour la répandre et la diriger… Cette Église comme société constituée et organisée dans le monde est réalisée dans (subsistit in) l’Église catholique gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques qui sont en communion avec lui. […] C’est, en effet, par la seule Église catholique du Christ, laquelle est « moyen général de salut », que peut s’obtenir toute la plénitude des moyens de salut. Car c’est au seul collège apostolique, dont Pierre est le chef, que le Seigneur confia, selon notre foi, toutes les richesses de la Nouvelle Alliance, afin de constituer sur la terre un seul Corps du Christ auquel il faut que soient pleinement incorporés tous ceux qui, d’une certaine façon, appartiennent déjà au peuple de Dieu. (CEC 816)

Comme nous le verrons plus loin, en restant hors de l’Église catholique, vous demeurez dans une communion seulement partielle et imparfaite avec l’Église du Messie, et vous vous privez de nombreuses bénédictions que Dieu désire vous donner :

« Avec ceux qui, étant baptisés, portent le beau nom de chrétiens sans professer pourtant intégralement la foi ou sans garder l’unité de communion avec le successeur de Pierre, l’Église se sait unie pour de multiples raisons. » « Ceux qui croient au Christ et qui ont reçu validement le Baptême se trouvent dans une certaine communion, bien qu’imparfaite, avec l’Église catholique. » (CEC 838)

Examinons maintenant quelques-unes des bénédictions que Dieu désire vous donner par son Église. [Pour une étude approfondie de « la plénitude des moyens de salut » et de « toutes les bénédictions de la Nouvelle Alliance » offertes par l’Église, voir le cours en ligne de Catholiques pour Israël.]

Dix bonnes raisons de devenir catholique

  1. Jésus a fondé une seule Église, et non un ensemble de confessions, et il veut que tous en soient membres.
  2. Jésus a fondé une Église visible avec des responsables visibles, et non un corps invisible sans véritable autorité.
  3. Par la succession et la tradition apostoliques, l’Église transmet les enseignements authentiques du Christ et de ses apôtres.
  4. Jésus a donné à son Église un charisme d’infaillibilité qui nous permet de savoir avec certitude ce qu’il faut croire et comment vivre dans les domaines importants de la foi et de la morale.
  5. Dans l’Église catholique seule se trouvent la plénitude des moyens de salut et tous les moyens de grandir dans la sainteté et la vertu.
  6. La liturgie sacrée de l’Église nous fait entrer dans le mystère pascal et nous unit au culte céleste des anges et des saints.
  7. L’Église nous communique les sacrements du Christ, canaux de la grâce, de la vie et de l’amour de Dieu répandus en nous.
  8. Dans l’Église, vous pouvez recevoir l’Eucharistie, le Corps et le Sang du Seigneur, source et sommet de la vie chrétienne.
  9. Dans l’Église catholique, vous êtes pleinement uni à notre famille terrestre et céleste : la communion des saints.
  10. Jésus nous a donné sa mère Miriam (Marie) comme mère de l’Église et comme notre propre mère, qui nous aime et veille sur nous.

1. Jésus a fondé une seule Église*, et non un ensemble de confessions

La basilique Saint-Pierre L’Évangile de Jean nous montre à quel point Jésus désirait que ses disciples soient unis. Il a prié pour que tous les croyants « soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17,20–21). En lisant le Nouveau Testament, nous voyons que Jésus n’a fondé qu’une seule Église, unie sous la direction de Pierre et des apôtres. Il n’a jamais établi un ensemble disparate de confessions comme celles qui existent aujourd’hui, en désaccord les unes avec les autres sur des doctrines et des questions morales importantes. Les Églises orthodoxes d’Orient se sont séparées de la communion avec le pape au cours d’un processus qui a culminé avec le schisme de 1054. Les confessions protestantes ont encore blessé l’unité chrétienne lorsqu’elles ont commencé à se séparer de l’Église catholique au XVIe siècle, et elles continuent à se fragmenter aujourd’hui. Même les nouvelles Églises « non confessionnelles », bien qu’elles évitent de s’identifier à une confession particulière, constituent en réalité une autre forme de confession évangélique. Et le mouvement juif messianique, tout en poursuivant le noble objectif de redécouvrir les racines juives du christianisme, connaît le même manque d’unité que les communautés protestantes.

L’Église une et universelle que Jésus a fondée et qui a préservé son unité depuis deux mille ans, tout en se répandant à travers les époques et les lieux, c’est l’Église catholique.

En demeurant hors de l’Église catholique, vous contribuez donc, même sans en avoir conscience et sans faute personnelle de votre part, à la désunion du Corps du Christ. En entrant dans l’Église catholique, vous rejoignez l’Église que Jésus le Messie a fondée à l’origine et vous contribuez à l’unité pour laquelle il a prié !

2. Jésus a fondé une Église visible* avec des responsables visibles

Pourquoi tant de divisions entre les communautés protestantes, évangéliques et messianiques ? À cause de l’absence d’une autorité légitimement ordonnée. On dit souvent que l’Église est simplement l’union invisible de tous les croyants, guidée par le Saint-Esprit et dont le Christ est la tête, mais sans autorité humaine ultime ici-bas. Cette théorie n’est pourtant pas biblique et ne fonctionne pas en pratique. Elle a même provoqué d’immenses divisions et une grande confusion dans le Corps du Christ.

Lorsque nous ouvrons la Bible, nous découvrons une tout autre réalité : à l’époque de l’Exode, le peuple de Dieu était uni sous la direction de Moïse et de soixante-dix anciens, qui lui transmettaient la Parole de Dieu, l’interprétaient et réglaient les différends (Ex 18,13–26 ; Nb 11,16–25). Cette organisation s’est poursuivie au temps du royaume davidique, lorsque la nation était unie sous l’autorité du roi, lui-même soumis à la parole des prophètes.

Jésus et Pierre La situation est semblable dans le Nouveau Testament : Jésus a donné à son Église un véritable responsable humain en la personne de Pierre. Il a dit que Pierre serait le roc sur lequel il bâtirait son Église. Il lui a donné les clés du royaume des cieux (Mt 16,17–19), l’a établi comme pasteur à la tête de l’Église (Jn 21,15–17) et l’a chargé d’affermir les autres apôtres dans la foi (Lc 22,31–32). Jésus a aussi donné sa propre autorité aux autres apôtres, en leur disant : « Qui vous écoute m’écoute » (Lc 10,16), et en leur donnant le pouvoir de pardonner les péchés (Jn 20,23). Le livre des Actes montre comment Pierre et les apôtres ont dirigé l’Église dans l’annonce de l’Évangile et dans les décisions importantes à prendre (Ac 2,1–41 ; 15,7–12).

En entrant dans l’Église catholique, vous rejoignez l’Église qui s’inscrit dans la continuité du peuple de Dieu dans la Bible et vous vous placez sous l’autorité que Jésus lui-même a instituée.

3. Jésus a établi la succession apostolique et la tradition apostolique* pour transmettre ses enseignements authentiques et ceux des apôtres

Mais, demanderez-vous, cette autorité instituée par Dieu a-t-elle été préservée dans l’Église jusqu’à nos jours ? Oui, grâce à la succession apostolique et à la tradition apostolique. Après la mort de Judas, Pierre et les apôtres ont aussitôt choisi un successeur pour le remplacer (Ac 1,15–26). Dans le Nouveau Testament, nous voyons aussi les apôtres ordonner des anciens, ou presbytres (Ac 14,23 ; Tt 1,5), et transmettre leur autorité à leurs successeurs : « Ce que tu as appris de moi sur l’attestation de nombreux témoins, confie-le à des hommes sûrs, capables à leur tour d’en instruire d’autres » (2 Tm 2,2). Nous y trouvons également une structure d’autorité à trois degrés : les évêques, les presbytres (prêtres) et les diacres (1 Tm 3,1.8 ; 5,17). Dès les premiers temps, les évêques ont été considérés comme les successeurs des apôtres, et l’évêque de Rome comme le successeur de Pierre, mort à Rome. Ainsi, l’unité de l’Église est sauvegardée par la transmission des enseignements du Christ à travers la succession apostolique de l’évêque de Rome, le pape, en union avec tous les autres évêques, successeurs des autres apôtres.

Le pape Benoît XVI La première réaction, toute naturelle, est souvent : « Pourquoi devrais-je me soumettre à l’autorité de ces hommes ? L’histoire montre que l’on peut abuser de son autorité et commettre des erreurs de jugement ! » Il est vrai que toute autorité comporte un risque d’abus. Pourtant, nous ne sommes jamais entièrement affranchis de l’autorité humaine en matière spirituelle. Dès que nous fréquentons une Église, nous commençons à nous soumettre à l’autorité et aux enseignements du pasteur, qui peuvent eux aussi s’éloigner de la vérité et de la charité. Et si nous rejetons toute autorité et toute responsabilité envers autrui, nous devenons notre propre autorité, avec notre faillibilité, nos limites et nos angles morts. Autrement dit, nous devons choisir l’autorité à laquelle nous nous soumettons : soit celle que le Christ lui-même a instituée, à laquelle il a promis que « l’Esprit de vérité vous guidera dans la vérité tout entière » (Jn 16,13) et contre laquelle « les portes de l’enfer ne prévaudront pas » (Mt 16,18), soit l’autorité faillible de quelqu’un d’autre. Rejeter l’autorité du pape signifie que chaque pasteur, voire chaque individu, devient son propre « pape ». Ce n’est pas une recette pour l’unité, mais pour l’anarchie. Il vaut bien mieux accepter l’autorité que le Christ a instituée et qui garde fidèlement ses enseignements, comme il l’a promis !

En entrant dans l’Église catholique, vous accédez aux enseignements authentiques de Jésus et des apôtres, transmis par la tradition apostolique !

4. L’infaillibilité* de l’Église nous donne la certitude de ce qu’il faut croire et de la manière de vivre

La meilleure raison de se soumettre à l’autorité de l’Église catholique est que Jésus lui a donné un charisme particulier d’infaillibilité, qui préserve de l’erreur ses enseignements définitifs en matière de foi et de morale et protège l’unité doctrinale. Si vous êtes protestant, chrétien évangélique ou juif messianique depuis un certain temps, vous avez probablement entendu des centaines de prédications et d’enseignements qui interprètent la Bible de manières différentes, parfois en se contredisant gravement. Peut-être faites-vous partie des nombreux croyants dont la foi est aujourd’hui plus confuse et moins assurée qu’il y a quelques années, à cause de tous ces enseignements, théories et interprétations bibliques différents et contradictoires.

Jésus n’a jamais voulu qu’il en soit ainsi. Nulle part dans la Bible ne voyons-nous chaque croyant consulter sa Bible et décider seul de ce qu’il doit croire sans en référer à une autorité supérieure. Les premiers chrétiens ont reçu la foi apostolique avant que le Nouveau Testament soit complet. Même après la mise en circulation de ses écrits, le canon intégral n’était pas universellement établi, certains livres restant contestés pendant des siècles. C’est par la Tradition apostolique que l’Église a discerné le canon complet du Nouveau Testament. Leur autorité ultime en matière de foi et de morale était celle des apôtres et de leurs successeurs. Nous venons de voir que Jésus a promis aux apôtres que « les portes de l’enfer ne prévaudront pas » contre l’Église, et que le Saint-Esprit les conduirait dans la vérité tout entière. Jésus leur promet aussi : « Il vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jn 14,26). Le Nouveau Testament appelle d’ailleurs l’Église « colonne et support de la vérité » (1 Tm 3,15).

Catéchisme de l’Église catholique Bien que notre société postmoderne exalte le scepticisme et l’incertitude, il est impossible de bâtir sa vie sans fondement solide. Ceux qui croient à la Bible ont bien un fondement dans le Christ et dans la Parole de Dieu, mais celui-ci est souvent ébranlé par les interprétations contradictoires de l’Écriture. Au contraire, quelle joie de savoir avec certitude ce qu’il faut croire et comment vivre ! Le Saint-Esprit guide fidèlement l’Église depuis deux mille ans, afin que nous puissions comprendre avec assurance comment les apôtres et les premiers croyants ont compris et interprété les Écritures. Lisez vous-même le Catéchisme de l’Église catholique, ou son abrégé, le Compendium, pour découvrir ce que les Écritures disent réellement, à la lumière de la Tradition de l’Église, sur des sujets aussi importants que la révélation de Dieu, la création, la nature de l’homme, la Trinité, la divinité du Messie, sa seconde venue attendue, le Saint-Esprit, la nature de l’Église, Marie la mère de Jésus, la vie après la mort, les effets du baptême, la Cène du Seigneur, notre salut, et bien d’autres encore.

Il est tout aussi important de savoir comment vivre, notamment face aux questions morales difficiles. La Bible est claire sur certaines questions, moins explicite sur d’autres. Quels commandements étaient liés à une époque et à une culture, et lesquels sont absolus et immuables ? Par exemple, la Bible interdit de raser les coins de la barbe, de se tatouer et de manger des crevettes, et elle prescrit aux femmes de se couvrir la tête pour prier ; pourtant, elle n’aborde pas explicitement toutes les questions morales actuelles, comme l’avortement, l’insémination artificielle ou le clonage humain. Comment interpréter les Dix Commandements aujourd’hui ? Sans Tradition faisant autorité, les croyants restent tributaires de l’interprétation de leur pasteur, ou doivent s’en remettre à leur propre jugement, facilement sujet à l’erreur ; il leur sera alors bien difficile de discerner clairement le bien du mal. Le résultat peut osciller entre une anarchie morale individualiste, où l’on commet de nombreux péchés par ignorance, et un légalisme servile, où l’on se prive de beaucoup de bonnes choses par crainte de pécher. Il vaut bien mieux puiser dans la sagesse intemporelle de l’Église, guidée par le Saint-Esprit, pour discerner le bien du mal et trouver ainsi la liberté joyeuse d’une vie sainte.

Bien sûr, l’infaillibilité de l’Église ne signifie pas que ses dirigeants mènent toujours une vie irréprochable. Le pape, les évêques et les prêtres sont eux aussi pécheurs et ne sont pas à l’abri de défaillances morales : cela s’est souvent produit et, hélas, se reproduira. C’est pourtant un témoignage supplémentaire de la fidélité et de la grandeur de Dieu : il guide infailliblement, en matière de foi et de morale, une Église composée de pécheurs faillibles comme vous et moi.

En entrant dans l’Église catholique, vous pouvez savoir avec certitude ce qu’il faut croire et comment vivre dans les domaines les plus importants de l’existence !

5. L’Église nous transmet la plénitude des moyens de salut* et des moyens de grandir dans la sainteté et la vertu*

Si vous croyez au Christ et avez reçu le baptême, vous êtes déjà sur le chemin du salut. Cependant, selon la Bible, accepter le Christ par la foi comme Seigneur et Sauveur ne suffit pas pour être sauvé. Jésus lui-même a dit : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur”, qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 7,21). Il précise aussi : « Celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé » (Mt 24,13). Paul, le grand apôtre, avertit les croyants de demeurer dans la bonté de Dieu, « autrement tu seras retranché toi aussi » (Rm 11,22). Il nous exhorte : « Travaillez avec crainte et tremblement à accomplir votre salut » (Ph 2,12), et parle de discipliner son corps et de le maîtriser, « de peur qu’après avoir servi de héraut pour les autres, je ne sois moi-même disqualifié » (1 Co 9,27). Nos œuvres jouent aussi un rôle important dans notre salut, puisque « Dieu rendra à chacun selon ses œuvres » (Rm 2,5–8 ; 2 Co 5,10 ; 1 P 1,17 ; Ap 20,12–13).

Les dons du Saint-Esprit Nous sommes sauvés entièrement par la grâce de Dieu, sans mérite initial de notre part (Ep 2,8). Cependant, nous devons aussi travailler avec crainte et tremblement à notre salut et « il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu » (Ac 14,22). En tant que croyant en Jésus, vous disposez déjà de nombreux « outils » qui vous aident à travailler à votre salut en coopérant à la grâce de Dieu : par la foi au Christ et le baptême, vos péchés passés ont été effacés et vous avez reçu son pardon ; en lisant la Parole de Dieu, vous découvrez sa volonté et suivez ses indications ; par la prière, vous recevez son aide et sa force ; par la louange, il vous communique sa joie ; par les œuvres de charité, vous lui ressemblez davantage dans le don désintéressé de vous-même.

Cependant, en restant hors de l’Église, vous vous privez de nombreux « outils » que Jésus nous a donnés pour progresser vers le salut, contribuer à celui du monde et grandir en sainteté. Vous poursuivez votre route avec un « équipement partiel », ce qui rend le but plus difficile à atteindre. Nous avons déjà parlé de l’importance de l’autorité : détaché de la Tradition de l’Église qui fait autorité, vous êtes exposé à de faux enseignements qui peuvent vous ralentir, voire vous arrêter sur le chemin du salut. Vous vous privez de l’Eucharistie, le Corps et le Sang du Christ, et de l’union la plus intime entre l’Époux et son épouse (voir plus loin). Vous êtes également privé de la plupart des autres sacrements, par lesquels le Seigneur nous communique très réellement sa puissance et sa grâce. Vous ne bénéficiez pas pleinement de la protection et de l’intercession de notre mère Marie ni de la pleine communion avec les saints du ciel et de la terre, puisque vous ne croyez peut-être même pas en eux, et de bien d’autres dons encore !

En entrant dans l’Église catholique, vous accédez à la plénitude des bénédictions que le Seigneur nous a données pour notre salut et notre sanctification !

6. La liturgie sacrée* de l’Église nous fait entrer dans le mystère pascal et nous unit au culte céleste des anges et des saints

Si vous fréquentez depuis quelque temps une Église évangélique ou une assemblée messianique, vous avez sans doute pris l’habitude de réunions peu structurées, parfois charismatiques, qui mettent l’accent sur une louange vivante et de longues prédications bibliques. Ce format n’a rien de mauvais en soi, mais il dépend beaucoup de la qualité des responsables. Si l’équipe de louange est nulle et le prédicateur ennuyeux ou peu pertinent, vous aurez peut-être du mal à y trouver la nourriture spirituelle dont vous avez besoin. Beaucoup de croyants habitués au culte évangélique ou messianique finissent par désirer une prière moins centrée sur l’homme et davantage sur Dieu : moins de discours, d’activités et de programmes, de nouveautés et d’effervescence, mais davantage de profondeur, de recueillement, de mystère et d’émerveillement devant notre Créateur. Autrement dit, ils aspirent à la liturgie.

La liturgie de l’Église Souvent, lorsque nous prions Dieu avec nos propres mots, nous finissons par ne plus savoir quoi dire. C’est tout à fait normal : chacun se sent parfois spirituellement faible, fatigué, sans inspiration ou dans la sécheresse. Peut-être avez-vous alors ouvert votre Bible et prié les psaumes à voix haute, en découvrant comment les paroles inspirées de l’Écriture, devenues votre propre prière, élevaient votre âme et exprimaient ce que vous n’auriez pas su formuler vous-même. Voilà la puissance de la liturgie : les grandes prières des auteurs bibliques inspirés, des maîtres spirituels et des saints, puisées dans les riches trésors de l’Église, deviennent vos propres paroles. Elles unissent votre intelligence et votre cœur aux grandes figures spirituelles qui nous ont précédés et vous font entrer dans la liturgie intemporelle de l’Église, unie à la liturgie céleste qui transcende le temps et l’espace.

La prière liturgique est d’ailleurs, depuis leurs origines, la forme traditionnelle de la prière commune dans le judaïsme comme dans le christianisme. S’il importe de toujours nourrir un dialogue personnel et spontané avec le Seigneur dans sa prière privée, la prière publique du peuple de Dieu a toujours été avant tout liturgique.

En entrant dans l’Église catholique, vous prenez part à sa riche Tradition sacrée et participez activement à sa liturgie, au cœur même du mystère pascal du Christ, célébré en union avec tous les anges et les saints du ciel et de la terre !

7. L’Église nous communique les sacrements du Christ*, canaux de la grâce, de la vie et de l’amour de Dieu répandus en nous

Le sacrement de réconciliation Les sept sacrements institués par le Seigneur comptent parmi les dons les plus grands et les plus puissants qu’il nous ait faits, et constituent le témoignage le plus extraordinaire de son amour. Par eux, le Messie nous communique sa propre vie et son amour. Ils sont comme des « canaux » reliant le ciel et la terre, par lesquels Dieu répand sa grâce sur ses enfants. Ils nous remplissent du Saint-Esprit ; ils nous guérissent, nous purifient, nous nourrissent et nous fortifient. Puisqu’ils nous communiquent la vie de Dieu, ils sont les moyens les plus efficaces de notre sanctification et les armes les plus puissantes du combat spirituel. Les sacrements ne sont pas de simples symboles, mais des signes qui communiquent réellement la grâce et l’amour de Dieu. Les sept sacrements sont :

  • Le baptême* : la nouvelle naissance qui lave nos péchés (Tt 3,5), nous donne le Saint-Esprit et nous plonge dans la mort et la résurrection du Christ (Rm 6,3–7).
  • La confirmation* : l’effusion plénière du Saint-Esprit qui nous fortifie et nous fait participer pleinement à la mission de l’Église (Ac 8,14–17).
  • L’Eucharistie* : le plus grand des sacrements, dans lequel le Messie nous nourrit de son Corps et de son Sang, de son âme et de sa divinité (Mc 14,22–24 ; Jn 6,53).
  • La réconciliation (confession)* : le moyen de recevoir le pardon des péchés commis après le baptême, confié par Jésus à ses apôtres (Jn 20,22–23).
  • L’onction des malades* : nous aide à supporter la maladie et parfois nous guérit, purifie notre âme et nous aide à nous préparer à rencontrer Dieu (Jc 5,14–15).
  • Le mariage* : dans le mariage, l’époux et l’épouse deviennent un signe vivant de la relation fidèle entre le Christ et l’Église (Ep 5,21–33).
  • L’Ordre* : Jésus a appelé certains hommes à un ministère sacerdotal particulier, en plus de notre vocation commune de « royaume de prêtres » (Rm 15,15–16).

Tragiquement, au moment de la Réforme protestante, un grand nombre de chrétiens ont perdu cinq des sept sacrements, et cette triste situation persiste aujourd’hui. Ils les ont perdus en partie parce que les réformateurs ont cessé d’y croire, et en partie parce qu’ils ont rejeté le sacerdoce, conféré par le sacrement de l’Ordre, dont ces sacrements dépendent. La confirmation, l’Eucharistie, la réconciliation et l’onction des malades exigent en effet un sacerdoce validement ordonné, dans la succession apostolique, pour être administrées validement. Seuls le baptême et le mariage demeurent chez les croyants qui n’ont pas conservé cette succession. Les communautés qui baptisent seulement au nom de Jésus, plutôt qu’au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ne confèrent pas un baptême chrétien valide. Les Églises orthodoxes, en revanche, bien qu’elles ne soient pas en communion avec le pape, ont conservé la succession apostolique et le sacrement de l’Ordre ; elles possèdent donc toujours les sept sacrements valides.

En entrant dans l’Église catholique, vous pouvez recevoir toute la puissance et tout l’amour que le Christ nous communique par les sept sacrements !

8. Dans l’Église, vous pouvez recevoir le grand don de l’Eucharistie*, le Corps et le Sang du Seigneur, source et sommet de la vie chrétienne

L’Eucharistie L’Eucharistie est appelée « le sacrement des sacrements » et « la source et le sommet de la vie chrétienne ». C’est un don si grand qu’il constitue à lui seul une raison, peut-être même la plus grande, d’entrer dans l’Église catholique. À la dernière Cène, un repas pascal, Jésus dit à ses disciples après avoir béni le pain et le vin : « Prenez, mangez, ceci est mon corps… ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés » (Mt 26,26–28). Puis il leur commande : « Faites ceci en mémoire de moi » (Lc 22,19). Lors de la première Pâque, qui marquait le début de l’Exode hors d’Égypte, Dieu avait ordonné aux Israélites de sacrifier un agneau et d’asperger de son sang les montants des portes pour se protéger de l’ange de la mort. Ils mangeaient ensuite l’agneau en signe de leur alliance avec Dieu. À la dernière Cène, Jésus se révèle comme l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde, scelle une nouvelle alliance avec nous et nous protège de la mort éternelle.

Nous devons donc, nous aussi, manger l’agneau : le Corps et le Sang de l’unique sacrifice pascal du Christ, rendu présent à chaque messe. Jésus lui-même avait déclaré : « Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle… Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson » (Jn 6,53–55). Cette parole a choqué beaucoup de ses disciples, qui l’ont alors quitté (Jn 6,66). Hélas, une situation semblable s’est produite à la Réforme, lorsque beaucoup de chrétiens ont décidé de ne plus accepter ces paroles du Sauveur. Depuis lors, une grande partie des chrétiens se trouve tragiquement privée de l’Eucharistie, le plus grand don de Dieu : soit parce qu’ils ne croient pas à la présence réelle, soit parce qu’ils n’ont pas de sacerdoce valide, nécessaire pour consacrer le pain et le vin afin qu’ils deviennent le Corps et le Sang du Seigneur. Leur célébration de la Cène peut faire mémoire de la Passion du Seigneur d’une très belle manière ; elle demeure néanmoins un partage de pain et de vin, au lieu de leur donner la présence véritable et substantielle du Seigneur. Ordinairement, les chrétiens qui ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique ne peuvent pas recevoir la communion à une messe catholique, puisque l’Eucharistie exprime notre unité dans la foi et dans la vie de l’Église. Ce sacrement est en effet le signe de la pleine communion et de la pleine unité entre les croyants (CEC 1400). Partager l’Eucharistie avec ceux qui n’acceptent pas pleinement l’autorité et les enseignements de l’Église donnerait faussement l’impression qu’une pleine unité existe entre nous, alors que nous n’avons pas encore atteint cette pleine unité de foi. Ce n’est pas un rejet de nos frères et sœurs non catholiques dans le Christ, mais une invitation à découvrir davantage la foi catholique, afin qu’ils puissent eux aussi entrer dans la pleine unité avec l’Église et prendre part au banquet de l’Agneau !

Que tant de croyants soient privés de l’Eucharistie est d’autant plus triste que la foi en la présence réelle du Christ y est solidement attestée dès les premiers siècles de l’histoire chrétienne. Paul lui-même écrit : « Quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement aura à répondre du corps et du sang du Seigneur » (1 Co 11,27). Environ cinquante ans plus tard, en 107 apr. J.-C., Ignace, évêque d’Antioche, écrit que « les hérétiques s’abstiennent de l’Eucharistie et de la prière parce qu’ils ne confessent pas que l’Eucharistie est la chair de notre Sauveur Jésus Christ » (Lettre aux Smyrniotes 7,1, texte anglais). Beaucoup d’autres Pères de l’Église témoignent de la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie en des termes tout aussi forts.

En entrant dans l’Église catholique, vous pouvez participer au repas des noces de l’Agneau et manger à la table du Seigneur à chaque messe. Vous recevez le plus grand don de Dieu, l’Eucharistie : le Corps et le Sang, l’âme et la divinité du Seigneur qui vous a aimé et s’est livré pour vous. C’est l’union la plus intime possible sur terre entre Dieu et l’homme, un baiser entre ciel et terre que rien ne peut remplacer. Quand vous recevez l’Eucharistie, vous recevez la vie d’amour de Dieu lui-même, qui décuple vos forces par sa puissance et sa grâce. Voulez-vous vraiment vous en passer ?

9. Dans l’Église catholique, vous êtes pleinement uni à notre famille terrestre et céleste : la communion des saints*

La communion des saints Dieu ne nous sauve pas seulement comme individus. Il nous sauve comme une famille, une communauté, un peuple, un royaume. Beaucoup de croyants ont une vision plutôt individualiste du salut, qu’ils voient avant tout comme une histoire « entre Jésus et moi ». Ils demandent aux autres, ici-bas, de prier pour eux, mais refusent de croire qu’une aide des saints du ciel soit possible ou souhaitable. Ils considèrent cette médiation comme une forme de spiritisme condamnée en Dt 18, ou comme une violation de 1 Tm 2,5, selon lequel il n’y a qu’un « médiateur unique entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même ». Jésus est bien sûr notre unique médiateur devant Dieu, mais cela ne nous empêche pas de participer à sa médiation. Chaque fois que vous priez pour quelqu’un, vous intercédez pour cette personne devant Dieu. Dieu encourage d’ailleurs cette intercession (1 Tm 2,1), et le Nouveau Testament montre qu’elle se poursuit après la mort : les saints qui ont rejoint le Seigneur restent unis à nous et nous aident à avancer vers notre but final. Ils forment la « grande nuée de témoins » qui nous entoure (He 12,1), les « esprits des justes qui ont été rendus parfaits », dont nous nous approchons dans la Jérusalem céleste (He 12,22–23). Même l’homme riche qui souffre dans l’Hadès intercède pour ses frères encore vivants et demande à Abraham d’envoyer Lazare dans la maison de son père pour les avertir (Lc 16,19–31). Le riche joue ici un rôle d’intercession — sa souffrance pourrait-elle évoquer le purgatoire ? —, tandis que son recours à Abraham suggère pour le patriarche un rôle de médiation en faveur de ceux qui vivent encore sur terre. Dans l’Apocalypse, nous voyons également les anciens et les anges présenter à Dieu des coupes d’encens, qui sont les prières des saints sur terre (Ap 5,8 ; 8,3), et les âmes des martyrs supplier Dieu : « Jusques à quand, Maître saint et vrai, tarderas-tu à faire justice, à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre ? » (Ap 6,9–10).

Dieu s’intéresse au salut personnel de chacun de nous, mais tout autant à la communion d’amour qui nous unit, une communion que la mort ne peut briser (Rm 8,35–39). Sa famille comprend tous les membres de son Église : ceux qui sont sur terre, ceux qui sont au ciel et ceux qui sont encore purifiés au purgatoire (1 Co 3,12–15). Les saints qui nous ont précédés sont nos modèles de sainteté. Au ciel, leur amour est devenu parfait et ils sont encore mieux placés pour nous aider par leurs prières que lorsqu’ils étaient sur terre. Ils prient pour nous de là-haut, nous pouvons demander leur aide ici-bas, et nous sommes aussi appelés à prier pour ceux qui souffrent au purgatoire. Si vous avez perdu un être cher, n’est-il pas naturel de prier pour cette personne ou de lui demander son aide depuis le ciel ?

En entrant dans l’Église catholique, vous participez pleinement à l’éternelle communion d’amour des saints du ciel, de la terre et du purgatoire.

10. Jésus nous a donné sa mère Miriam* (Marie) comme notre propre mère, qui nous aime et veille sur nous

Dieu nous a donné une mère. Quelques instants avant sa mort, voyant sa mère Marie et son disciple Jean au pied de la croix, Jésus dit à Marie : « Voici ton fils », et à Jean : « Voici ta mère » (Jn 19,26–27). À l’heure de son agonie, il faisait plus que prendre une disposition familiale privée : il faisait de Marie la mère de toute l’humanité.

Marie et l’enfant Jésus Quand le Fils éternel de Dieu s’est fait homme, il a demeuré neuf mois dans le sein de cette jeune vierge juive. Tout comme l’Arche de l’Alliance avait été le signe sacré de la présence de Dieu parmi son peuple dans le Tabernacle et le Temple, Dieu a choisi Marie pour être sa sainte « Arche de la Nouvelle Alliance », portant sa présence même. Afin de la préparer à une tâche aussi noble, il lui a donné la plénitude de sa grâce et l’a préservée de tout péché. C’est pourquoi l’ange la salue en disant : « Salut, pleine de grâce » (Lc 1,28).

Dans toute l’Écriture, Dieu abaisse les orgueilleux et élève les humbles, comme Marie le dit elle-même : « Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe. Il a renversé les puissants de leurs trônes et élevé les humbles » (Lc 1,51–52). Dieu a choisi d’entrer dans l’humanité par cette très humble jeune femme. Dans les Évangiles, son rôle est modeste et effacé. Sa grandeur ne se manifeste pas par de grands discours ou des actions éclatantes, mais par sa foi paisible, son obéissance à la Parole de Dieu, sa fidélité à élever Jésus et à se donner entièrement à sa personne et à son œuvre. Pourtant, elle a aussi entrevu prophétiquement la place élevée que Dieu lui donnerait dans l’histoire du salut, lorsqu’elle a déclaré : « Toutes les générations me diront bienheureuse » (Lc 1,48).

Nous pouvons entrevoir le rôle éminent de Marie dans l’Apocalypse. Dans une vision céleste, Jean voit l’Arche de l’Alliance apparaître dans le temple céleste (Ap 11,19). Aussitôt après, il voit « une Femme ! le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête » ; elle est « enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement », et donne naissance à un « enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer » (Ap 12,1–2.5). Cet enfant est le Messie Jésus, et sa mère, la femme, est Marie, fille d’Israël et mère de l’Église. Elle est aussi la femme dont la descendance écraserait la tête du serpent, selon la promesse de Dieu après la chute d’Adam et Ève (Gn 3,15). Marie joue un rôle clé dans le combat spirituel contre le diable : « Alors, furieux contre la Femme, le Dragon s’en alla guerroyer contre le reste de ses enfants, ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus » (Ap 12,17). Qui sont « le reste de ses enfants » ? Nous. Marie est notre mère aimante, notre modèle et notre avocate. Elle prie pour nous et nous aide sur le chemin du ciel. Elle ne prend pas la place de Jésus, mais nous conduit à lui. En suivant son exemple d’humilité, d’obéissance, de fidélité, de sainteté et d’amour, nous lui ressemblerons davantage et nous ressemblerons davantage à Jésus.

En entrant dans l’Église catholique, vous entrez dans la pleine communion avec la famille humaine de Dieu, dont Marie est la mère et le modèle : fille d’Israël, mère du Messie et mère de l’Église.

Une onzième raison : « Hors de l’Église, point de salut »

Jésus confie les clés à Pierre Après avoir passé en revue dix raisons d’entrer dans l’Église catholique, examinons-en une onzième qui découle logiquement des précédentes : l’Église est nécessaire au salut, à condition de bien comprendre cette affirmation. Certains Pères de l’Église l’ont exprimée en des termes assez directs. Cyprien de Carthage, par exemple, écrivait au IIIe siècle :

Sur lui [Pierre] [le Seigneur] bâtit l’Église, et lui donne le commandement de paître les brebis… il a fondé un siège unique et il a établi par sa propre autorité une source et une raison intrinsèque pour cette unité. […] Si quelqu’un [aujourd’hui] ne tient pas fermement cette unité de Pierre, s’imagine-t-il avoir encore la foi ? S’il [devait] déserter le siège de Pierre sur lequel l’Église est bâtie, peut-il être assuré d’être encore dans l’Église ? (Saint Cyprien de Carthage, De unit. 4 ; 251 apr. J.-C.)

Qui n’a pas l’Église pour mère ne peut pas avoir Dieu pour père. (Saint Cyprien, De unit. 6 : PL 4, 519)

Cela signifie-t-il qu’une personne qui n’est pas formellement catholique, même si elle est chrétienne, ne peut pas être sauvée ? Non. Comme nous l’avons vu, si vous êtes chrétien baptisé et de bonne foi, vous êtes déjà en communion partielle avec l’Église catholique et vous bénéficiez de la puissance salvifique de Jésus qu’il a confiée à l’Église.

Objectivement, l’unique Église catholique que Jésus a fondée et à laquelle il a donné la plénitude de la vérité et de la grâce est nécessaire au salut : « C’est pourquoi ceux qui refuseraient soit d’entrer dans l’Église catholique, soit d’y persévérer, alors qu’ils la sauraient fondée de Dieu par Jésus-Christ comme nécessaire, ceux-là ne pourraient être sauvés » (CEC 846). Autrement dit, si quelqu’un est véritablement convaincu par le Saint-Esprit de la vérité de l’Église catholique, mais résiste volontairement et obstinément à l’appel du Seigneur à y entrer, il risque effectivement de mettre son salut en danger.

Sur le plan personnel, cependant, le Seigneur ne tient pas les personnes pour coupables d’une ignorance qui n’est réellement pas de leur faute. Celles qui cherchent Dieu sincèrement et répondent à sa grâce peuvent parvenir au salut même sans connaître explicitement le Christ ou son Église :

En effet, ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, ceux-là peuvent arriver au salut éternel. (CEC 847)

En fin de compte, c’est Jésus qui sauve. La question essentielle est : comment nous sauve-t-il ? La foi en lui suffit-elle ? De nombreux textes bibliques* montrent que la foi seule ne suffit pas et que nous serons aussi jugés selon nos œuvres. Jésus souligne également l’importance de recevoir le baptême (Mc 16,16), de « manger sa chair et boire son sang » (Jn 6,53–54) et de se soumettre à l’autorité de ses apôtres (Mt 16,19 ; 18,18 ; Lc 10,16 ; Jn 20,23) pour recevoir son pardon et la vie éternelle. Cela signifie que la plénitude des dons de Jésus a été confiée à son Église catholique. Cela ne veut pas dire que les catholiques sont automatiquement dans une meilleure situation devant Dieu que les autres croyants. Au contraire, ayant reçu la plénitude de la vérité et de la grâce, ils ont une plus grande responsabilité de porter du fruit pour le Royaume : « À qui on aura donné beaucoup il sera beaucoup demandé » (Lc 12,48). Il existe aussi de nombreux croyants non catholiques qui mènent une vie remarquable de foi, d’espérance et d’amour. Dieu ne manquera pas de les récompenser, pourvu qu’ils « persévèrent jusqu’à la fin » dans la recherche de la vérité, même si, sans faute de leur part, ils ne trouvent pas formellement le chemin de l’Église catholique.

Dieu veut-il que tout le monde soit catholique ?

Quelle conclusion tirer de tout cela ? Que Dieu veut que tous soient catholiques, afin qu’ils aient accès à la plénitude de ses bénédictions et de sa grâce ! Comme l’enseigne l’Église :

C’est pour réunir de nouveau tous ses enfants que le péché a dispersés et égarés que le Père a voulu convoquer toute l’humanité dans l’Église de son Fils. L’Église est le lieu où l’humanité doit retrouver son unité et son salut. Elle est « le monde réconcilié ». Elle est ce navire qui « par la pleine voile de la croix, par le souffle du Saint-Esprit, navigue avec sûreté dans ce monde » ; selon une autre image chère aux Pères de l’Église, elle est figurée par l’Arche de Noé qui seule sauve du déluge. (CEC 845)

Une telle affirmation a peu de chances d’être populaire dans nos sociétés dominées par le relativisme religieux et le politiquement correct. Vous pensez peut-être aussi que le monde serait bien ennuyeux si tout le monde était catholique. Mais ce n’est pas le cas : vouloir que tous parviennent à la plénitude de la vérité et du salut ne signifie pas que Dieu aime la monotonie. Au contraire, l’unité de l’Église laisse toute sa place à la grande diversité des peuples, des cultures, des coutumes et des traditions du monde. « La grande richesse de cette diversité ne s’oppose pas à l’unité de l’Église » (CEC 814). De même, « l’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans les [autres] religions » (NA 2). Il y a donc amplement de place pour la spiritualité et la prière évangéliques, charismatiques et même juives au sein de l’Église une, sainte, catholique et apostolique.

Alors… où est le piège ?

Vous vous demandez peut-être maintenant : « Si l’Église catholique a tant à offrir, alors… où est le piège ? Cela semble trop beau pour être vrai. » Voici quelques objections courantes que vous pourriez avoir :

J’ai lu un peu d’histoire de l’Église et je sais que les catholiques ont fait des choses horribles dans le passé…

Mère Teresa C’est vrai. Personne ne nie que l’Église soit composée de pécheurs, dont certains ont causé de terribles scandales pour la foi chrétienne. Le pape Jean-Paul II lui-même a invité l’Église à prendre davantage conscience des péchés de ses enfants. Elle reconnaît comme siens ses fils et ses filles pécheurs et les encourage à se purifier, par le repentir, des erreurs du passé, des infidélités, des incohérences et des lenteurs à agir (Mémoire et réconciliation : l’Église et les fautes du passé, 1.3). Pourtant, l’Église a aussi donné au monde d’innombrables saints à travers les siècles : ceux qui ont fidèlement vécu sa vie et ses enseignements. Ce sont eux qui reflètent le mieux sa nature de sacrement du Christ dans le monde. Malgré les fautes et les faiblesses des catholiques, l’Église n’en demeure pas moins la source de la vie et de l’amour du Christ qu’il désire vous donner.

L’Église catholique veut seulement contrôler la vie des gens…

Pour être tout à fait honnête, presque tous les catholiques, y compris les membres du clergé, ne sauront jamais que vous êtes entré dans l’Église. Devenir catholique ne consiste pas à ajouter votre nom à une liste. L’Église ne cherche pas à contrôler qui que ce soit ; elle cherche le salut du monde, en obéissant à l’ordre de son fondateur d’« aller et faire des disciples de toutes les nations », afin que tous puissent « participer à la communion qui existe entre le Père et le Fils dans leur Esprit d’amour » (CEC 850) et passer du péché et de la mort à la joie et à l’espérance de la vie éternelle.

Je connais beaucoup de catholiques tièdes ou qui n’ont même pas la foi. Je trouve beaucoup plus de vie et de foi dans mon Église évangélique…

Il est vrai que beaucoup de croyants non catholiques semblent avoir une foi plus vivante que beaucoup de catholiques. Ils méritent d’être salués pour leur foi, leur espérance et leur charité. Il est tout aussi vrai que beaucoup de catholiques ont grand besoin d’être évangélisés et de revenir à Dieu. Mais cela ne change rien au fait qu’en restant hors de l’Église, vous vous privez de certains des dons les plus importants du Christ, comme nous l’avons vu.

Je suis allé dans des paroisses catholiques où le prêtre est ennuyeux. Ses homélies ne me nourrissent pas spirituellement, et je me demande parfois s’il a lui-même la foi…

Il existe malheureusement des prêtres qui prêchent mal, qui ont perdu leur foi personnelle ou qui contestent ouvertement les enseignements de l’Église. C’est une véritable tragédie : nous devons prier pour eux et même les évangéliser si nécessaire. Il est parfois possible de trouver une autre paroisse catholique dans les environs avec un meilleur prêtre. Si ce n’est pas possible, même si la situation reste sérieuse, il faut savoir que les défaillances personnelles d’un prêtre ne rendent pas, en elles-mêmes, invalides les sacrements qu’il célèbre. Il n’est donc pas tout à fait exact de dire que vous n’êtes pas « nourri spirituellement », car même un « prêtre ennuyeux » peut vous donner l’absolution de vos péchés en confession et vous donner le Corps et le Sang du Seigneur à la messe. Quant à l’enseignement et à la prédication, l’important est de bien connaître l’Écriture et les enseignements de l’Église, résumés dans le Catéchisme de l’Église catholique et son Compendium. Il existe aussi d’innombrables livres et ressources en ligne, notamment le cours de Catholiques pour Israël, pour approfondir votre connaissance des Écritures et de la foi catholique.

Je suis juif. Je ne trahirai jamais ma foi et mon héritage juifs.

« Vous ne pouvez pas être plus juif qu’en étant catholique ! » Explorez ce site pour comprendre pourquoi la foi catholique accomplit le judaïsme sans l’abolir, et comment être pleinement catholique tout en continuant à vivre en juif fidèle. Consultez les articles et ressources suivants :

En mesurer le prix

Si vous commencez à envisager d’entrer dans l’Église catholique, quels obstacles et quelles difficultés risquez-vous de rencontrer sur le chemin du « retour à la maison » ?

Devenir catholique a un coût. Il vous faudra beaucoup d’humilité, un esprit ouvert, peut-être la volonté d’abandonner d’anciens préjugés, et un profond désir, nourri par la prière, de recevoir la plénitude de ce que Dieu vous réserve. Il vous faudra beaucoup prier et étudier avec assiduité. Vous aurez besoin de courage, de patience et de persévérance, avant comme après votre baptême ou votre réception officielle dans l’Église, pour « persévérer jusqu’à la fin ». Vous rencontrerez peut-être l’incompréhension, voire le rejet et la persécution, de votre famille, de vos amis et de votre communauté de foi actuelle. Ou vous devrez affronter le manque d’encouragement, voire l’apathie, de catholiques qui ne comprennent ni votre cheminement de foi ni le prix que vous avez payé.

Le chemin vers Dieu est semé de difficultés, mais sa grâce infinie et son amour vous entourent de toutes parts. Il vous appelle à une vie d’amour et de don de vous-même. Il vous appelle à lui. Répondrez-vous à son appel ?

Que dois-je faire maintenant ?

La célébration de la messe Si vous sentez que Dieu vous appelle peut-être à entrer dans l’Église catholique :

  • Cultivez votre relation avec Dieu. Priez chaque jour : parlez-lui et demandez-lui de vous conduire et de vous guider dans sa vérité et sa lumière.
  • Étudiez la foi catholique avec Catholiques pour Israël ou grâce à d’autres ressources catholiques.
  • Trouvez une paroisse catholique près de chez vous, commencez à assister à la messe et découvrez la prière et la liturgie catholiques.
  • Rencontrez des catholiques fidèles qui connaissent et aiment leur foi, afin qu’ils vous aident à avancer sur votre chemin vers Dieu.
  • Parlez avec un prêtre de votre désir de devenir catholique. Écoutez attentivement ce qu’il vous dit et assurez-vous qu’il est fidèle à l’Église. S’il conteste l’un des enseignements de l’Église tels qu’ils sont exposés dans le Catéchisme, ou vous dit que vous n’avez pas vraiment besoin de devenir catholique, adressez-vous à un autre prêtre.

Que le Seigneur vous bénisse et vous garde sur votre chemin vers Dieu !


Lectures complémentaires

Si vous n’êtes pas chrétien ou ne croyez pas en Jésus, vous pourrez lire :

Si vous êtes juif, consultez les articles et ressources suivants :

Pour en savoir davantage sur l’Église catholique et sur la manière de devenir catholique, voir aussi :

Êtes-vous chrétien évangélique ou juif messianique ? Si oui, votre foi tend-elle vers l’incroyance, le libéralisme, le fondamentalisme ou le catholicisme ? Pour en savoir plus : The Tendencies of Evangelicalism (en anglais).


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